6976 Tragi-comédie d'un petit scorpion (FtM)

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Tragi-comédie d'un petit scorpion (FtM)
Apprendre à jouer son propre rôle
Perso | 03.08.2016 - 19 h 39 | 0 COMMENTAIRES
Préparation au CEC (Changement d’État Civil)

Je reviens un peu, ça fait un moment que je n’ai pas donné de nouvelles sur mon blog.

Comme dit dans le titre, je suis en ce moment en train de rassembler les pièces du dossier pour mon changement d’État Civil que j’ai choisi de faire au TGI de Chambéry (apparemment plutôt bien pour ce genre de choses).

Avec un risque d’aller sur Lyon l’année prochaine, j’ai évidemment fait ça au plus rapide (attendant tout de même mon hystérectomie le 19 septembre), histoire de ne pas avoir à le faire à Lyon, vu leur réputation. Même le Docteur M-J de l’équipe de Lyon avait semblé le sous-entendre au dernier rendez-vous, donc…

Ainsi, j’avais regardé sur mon site et forum FtM les avocats de meilleure réputation dans le coin. Après un premier rendez-vous avec une dame sur Annecy très très très sympa et professionnelle (respect du bon pronom, du bon genre, intérêt pour la chose et curiosité, n’ayant PAS fait payer le rendez-vous, une crème.), elle nous a dirigé vers une collègue sur Chambéry pour (1) éviter de faire déplacer l’avocat pour qu’on ai pas à payer le déplacement, (2) avoir quelqu’un que je puisse aller voir dans la ville même (même si j’ai maintenant ma propre voiture depuis un peu moins d’un mois).

Résultat : sa collègue est très bien aussi, ne m’a pas fait payer non plus le premier rendez-vous car on attend tranquillement la réponse de l’AJ (Aide Juridictionnelle, normalement j’y ai pas droit mais on a un peu triché, d’ailleurs, ça fait un mois que j’ai envoyé la demande, ils ont toujours pas répondu), est aussi très sympa (respect du genre et ne me regardant pas de haut) et très pro car dès mon arrivée, elle était déjà avec l’amendement sur l’ordinateur, prête à m’expliquer comment ça marche (même si la plupart des trucs qu’elle m’a dit, je le savais déjà, m’étant informé depuis un bail).

Attestations médicales, témoignages, comptes-rendus d’opérations, photos, biographie, ordonnances, courriers adressés au nouvel État Civil… Tout est bon pour le dossier, elle m’a dit que les attestations médicales sont le mieux, surtout venant d’un psy (car apparemment les TGI et trucs de Droit aiment beaucoup les psys, l’avocate a dit qu’ils étaient considérés un peu comme des « dieux ») mais m’a précisé que tout est bon à mettre, donc je mets pleins de trucs qui peuvent servir et j’ai même mis des copies des affiches de la Cité des Arts de Chambéry des différents projets auxquels j’ai participé et sur lesquelles (Technique Personnelle d’Administration oblige) mon nom entier de Gary « nom de famille » apparaît. Sous lequel je suis inscrit, bien sûr.

Pratique pour prouver au juge du TGI que socialement, je m’intègre ! Un établissement public de la ville qui affiche ce nom de partout à l’intérieur du bâtiment ! D’ailleurs j’y pense : j’ai fais un projet à Annecy qu’on a présenté deux fois à la scène nationale Bonlieu, ce, avec le nom de Gary, qui a subit une certaine bonne pub dans les deux villes et les conservatoires. Si on peut mettre une vidéo dans le dossier, je fais un montage avec le générique de la vidéo du spectacle. Ça peut apporter, je pense.

Je vais donc m’occuper de tout ça pendant le reste de l’été, en plus de la préparation de mes concours en septembre ET le boulot d’été (CDD sous le nom de Gary, TPA) que j’ai chopé à Aix-les-Bains. Je m’amuse. Mais c’est pour la bonne cause ! Si pas d’AJ, ce sera la dernière chose à payer ! Et la plus importante !

Associatif | Perso | 09.02.2016 - 15 h 05 | 1 COMMENTAIRES
Monologue sur la transidentité – Écriture Théâtrale

Je présenterai ce monologue pour la première fois en public, dans la création théâtrale L’Amour est Sexy de mon association Carpe Diem Théâtre à Dijon samedi 13 février prochain : http://yagg.com/sortir/evenement/l-amour-est-sexy-theatre-amateur-carpe-diem-theatre-dijon/

« Maman, pourquoi je suis pas un garçon ? » Une jeune femme assise toute seule au centre de la scène raconte et partage avec nous une petite réflexion qu’elle a déjà eue sur la différence entre les hommes et les femmes. Que c’est un peu bête d’appuyer sur les différences alors que les deux sexes ont tant en commun… Une bouche, deux bras, deux jambes, deux yeux… Mais surtout un cœur, que la majorité ne sait pas utiliser…

Mais apparemment cette réflexion l’avait menée à un ressenti personnel plus tard sur le fait qu’elle se sentait différente des autres filles et que ça lui faisait peur car elle ne savait pas ce qu’il se passait en elle.

À fur et à mesure des 5 minutes de monologue, le public se rend compte que cette fille qui semblait si « correcte » au début se transforme, on sent dans son discours et sa présence sur scène qu’elle devient autre chose, à la limite du malaise.

À la fin, elle nous avoue enfin dans un excès de colère et de pétage de câble qu’elle a été obligée de jouer le rôle d’un personnage féminin depuis 20 ans, personnage qui a pris le dessus sur sa VRAIE personne. Et voici qu’elle se met à enlever ce déguisement (littéralement, sur scène) dans une chorégraphie violente et sur une musique d’Apocalyptica, I don’t care pour montrer au « metteur en scène » de sa vie sa « mise en scène PERSONNELLE » et pour libérer cet homme caché dessous.

Travesti et maquillé dans mon ancien sexe, je cherche absolument à présenter la transidentité comme un mal-être invisible chez l’autre, qui se ne voit pas de l’extérieur. Pour ce texte, je refuse catégoriquement de montrer un personnage stéréotypé  de « transsexuel(le) ». Ainsi, mon personnage (qui me ressemble beaucoup, je l’avoue, car il raconte mon histoire) est habillé, coiffé et maquillé de manière simple, de façon à montrer sur scène… juste une jeune femme plutôt qu’un transformiste avec maquillage à outrance, perruque bariolée et visuellement tout dans l’exagération.

Je ne sais pas si on pourrait appeler ça du courage, en tant que trans, de se remettre dans ses anciens habits (là littéralement, la robe que je vais mettre est une ancienne que j’ai porté) et de prendre le risque de revoir dans le miroir la personne du passé pour, EN PLUS, s’afficher devant un public comme ça ET en racontant sa propre histoire. J’en connais pas beaucoup qui pourrait faire comme moi… Mais personnellement, maintenant que je suis au moins à 75% d’être enfin moi, je vois de plus en plus mon ancien sexe comme un déguisement que j’ai pas pu enlever avant (d’où ce texte) et qui se présente comme un amusement pour moi. C’est un costume de scène, un personnage de théâtre, un déguisement de carnaval que je peux maintenant mettre et enlever à ma guise.

Ce monologue : Petite vengeance sur mon passé ? Amusement théâtral par le travestissement ? Incitation à la tolérance ?

Et bien c’est tout ça à la fois.

 

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Perso | 05.01.2016 - 22 h 22 | 0 COMMENTAIRES
TRANS ET LÂCHER-PRISE ARTISTIQUE

« Il faut te faire confiance. » « Avoir confiance en toi. » « Sois toi-même. » « Mets de ta personne. »

Nombre de phrase sur le même point que j’ai entendu de la part des enseignants dans les disciplines artistiques que j’ai suivies depuis mon coming-out, et que je ne comprends pas.

Comment veux-tu que je mette du « moi » si moi-même, je ne sais pas encore qui c’est : « moi » ?

Depuis toujours, les personnes cisgenres (qui ne connaissent pas le problème d’identité au sens lourd du terme) ont toujours été eux-même. N’ont pas eu ce soucis de se dire : « Est-ce que ce que je vois dans le miroir, c’est « moi » ? »

Ce « moi » n’a jamais pu être là, il a toujours été forcé de se cacher sous un corps, une enveloppe qu’on lui a imposé depuis le début. Depuis le début, il se cache et JAMAIS il n’a pu s’épanouir, comme les autres.

Imagine : c’est comme si, depuis ta naissance, tu étais enfermé dans une boîte. Serré. Très serré, tellement serré que tu es en boule, que tu ne peux pas faire un seul mouvement. Et après être resté 20 ans dedans et ce, depuis le début : tes membres n’ont jamais étés musclés, jamais été travaillés, tu n’as que le squelette. Pour la première fois, aujourd’hui, tu réussi à ouvrir un peu la boîte car tu as trouvé un coin pour y passer ton petit doigt. Ce qui t’as permis de trouver l’ouverture et d’ouvrir la boîte difficilement. Mais alors que as tout le mal du monde à te lever, à bouger, c’est douloureux… les autres te demande de danser et de sauter !!

Les autres qui ont appris à marcher tôt, à bouger, à muscler leur corps n’ont pas de soucis à le faire et croient que parce qu’ils l’ont toujours fait, c’est facile aussi pour les autres et te poussent à le faire.

« Pourquoi tu danses pas ? C’est facile ! T’es vraiment nul ! Tu sers à rien ! Si tu n’arrives pas à danser, c’est que tu n’es qu’un flemmard. »

Oblige une personne handicapée de naissance à se lever de sa chaise roulante et à danser comme un professionnel.

C’est pareil. Oui, la personne handicapée, ça se voit donc on adapte son comportement. Mais une « maladie » intérieure, invisible ? Tant que ça se voit pas de l’extérieur, tu le vois comme quelqu’un de normal. À partir du moment où tu sais son problème, tu es plus clément.

Oblige une personne fraîchement opérée du coude à faire du badminton après son opération, comme un professionnel. Fais-lui faire des matchs de 30 mins le lendemain de son opération. Comment ? « C’est horrible et inhumain ? » « De cette façon, on ne réussira qu’à lui faire mal, à détruire encore plus son articulation ? » Oui. Il faut dans ce cas faire une rééducation lente et travailler, comme si la personne réapprenait à utiliser son bras.

C’est pareil. Nous, après « l’opération » (le coming-out), on réapprend à utiliser le corps entier, après une déformation physique de naissance, avec laquelle nous avons dû vivre depuis toujours. Et notre rééducation dure plus de 2 ans. Chaque parcelle de notre corps qui n’a jamais été travaillé correctement, nous devons la « rééduquer » lentement (hormones et opérations).

Même si tu t’y sens mieux, il faut que tu apprennes à le maîtriser de nouveau, d’une autre manière que tu n’as jamais eu, ne serait-ce, l’occasion d’essayer.

Même si tu t’y sens mieux, c’est quelque chose de nouveau que tu découvre et que tu dois t’approprier. Tu ne peux pas maîtriser un mouvement d’un coup, en 2 secondes. Tu as dû l’expérimenter avant, tu t’es cassé la gueule des millions de fois avant de réussir ce geste.

Si nous utilisons le terme de « renaissance », c’est aussi car nous devons recommencer une naissance, avec tout ce qu’elle comporte comme difficulté : découverte du monde, apprendre des choses de la vie, de la plus basique à la plus compliquée, et le plus important : s’approprier ce corps qu’on ne connaît pas. Construire une vie est très longue et fastidieuse, ça ne s’improvise pas. Il faut prendre le temps de construire, créer quelque chose avec rien, quelque chose qui puisse tenir la route pour que le reste de la vie soit facile, pour avoir les bases.

Nous, personnes transgenres devons tout recommencer de zéro : si simplement marcher est facile et que nous l’avons déjà appris, la question est : comment marcher avec ce nouveau corps qui apparaît petit à petit ? Ce n’est pas du tout la même façon de marcher. Nous devons apprendre à marcher d’une autre manière.

Il y a encore des parties qui ne sont pas à moi dans cette enveloppe qu’on m’a donné et je ne peux pas encore les re-travailler. La déformation de naissance est encore là et je n’ai pas encore eu la « rééducation » à cet endroit.

Perso | 06.11.2015 - 15 h 10 | 1 COMMENTAIRES
Absence du blog – Futures nouvelles

Ça fait un moment que je n’ai plus écrit d’articles ici depuis mi-août, fin de ma péri-aréolaire.

Déjà, il ne se passe pas grand-chose d’intéressant dans ma transformation (la poussée du petit poil de barbe, je pense que vous vous en foutez) mais surtout que je suis très occupé en ce moment, cette année en tout cas. Yep, je suis depuis septembre sur Chambéry et élève des Conservatoires des Pays de Savoie. Comme ce n’est pas vraiment la même chose que Dijon, en 3 mois j’ai réussi à rentrer dans des projets artistiques.

À côté de mes 9h30 de cours hebdomadaires rien que pour le conservatoire, je suis aussi dans ces projets :

– Le directeur de théâtre, de Mozart pour spectacles en mars et avril 2016 à Annecy

– La Troupe, création personnelle et pluridisciplinaire avec d’autres élèves à Chambéry

– Long-métrage avec une association Chambérienne

Je n’oublie pas les déplacements à côté pour monter sur Dijon travailler avec ma troupe Carpe Diem pour un spectacle LGBT sur l’Amour en février 2016 (et du travail à côté car je m’occupe de la partie « sons ») et mon court-métrage personnel trans à finir.

Sachant que le travail au conservatoire est énorme :

– 3 rôles dans du Feydeau pour décembre 2015

– Direction de lecture (mise en scène de base) sur La Pose de Carole Frechette

 

Comme vous pouvez le devinez, mon emploi du temps est très rempli mais je vais tenter (en attendant des choses intéressantes) d’écrire plutôt des ressentis psychologiques par rapport à ma transformation car ma vision du monde est vraiment différente depuis un moment. Pour la bonne et simple raison qu’il n’y a pas de centre LGBT à Chambéry et que j’ai commencé une vie là-bas où PERSONNE ne sait que je suis trans (à part les administrations mais ils connaissent bien le secret professionnel). C’est-à-dire que me voilà à vivre au milieu des cisgenres et c’est pas si mal que ça d’être vu comme un homme et non pas comme un trans.

Pas que je suis contre de faire connaissance avec des personnes trans, au contraire, mais je préfère bien séparer les choses donc je m’éloigne un peu de ce milieu. Je continue d’aider des gars FtM sur Internet, ça me fait plaisir mais maintenant en public, je suis INVISIBLE.

Perso | 15.08.2015 - 12 h 01 | 0 COMMENTAIRES
Bilan Injections + Mastectomie

Après ma mastectomie, des petits bilans s’imposent :

 

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  1. – Apparition des veines sur les pieds et les mains
  2. – Des poils de barbe noirs sur l’ensemble du collier et sous le menton
  3. => plus de coloriage artificiel et sous 1 mois de pousse
  4. => le reste du duvet barbe s’épaissit
  5. – Des poils qui prennent du terrain sur : les mains, les pieds, les orteils, les jambes, le tour du périf
  6. – Mâchoire plus carrée
  7. – Voix qui descend, plus de doute quand je parle mais pas au téléphone
  8. – Hanches : pas encore de changements visibles
  9. – Augmentation de la libido
  10. – Moins sensible au froid mais plus sensible à la chaleur

 

Niveau Mastectomie, photo à 1 mois post-opératoire (6 août 2015) :

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Ça a fini de cicatriser, les cicatrices sont encore très rose clair (par rapport à l’auréole qui est plutôt rose foncé-marron). La peau sur environ 2 à 3 cm autour pend un peu mais les terminaisons nerveuses ne se sont pas encore remises à cet endroit. Les auréoles ne sont pas sensibles au toucher pour l’instant.

Après 15 jours de souffrance caniculaire avec les pansements et le gilet post-opératoire, sans pouvoir me baigner ni me laver correctement, pouvoir se balader chez soi et de se baigner sans honte torse nu est un véritable plaisir.

J’ai tout de même pris des séances de Kiné pour retravailler tout ça, en 2 semaines de séances 1jr/2, je peux lever les bras, faire pleins de mouvements mais il reste encore des petites adhérences, notamment au niveau du passage des drains.

Perso | 14.07.2015 - 18 h 08 | 3 COMMENTAIRES
La peau plaquée sur le coeur

Dimanche 5 juillet 2015 -19h09

 

J’ai beau être à H-12 de mon opération, je ne me rends toujours pas compte. Des années, j’en ai rêvé de ce torse et j’arrive pas à ressentir. Peut-être que le rêve est (était) tellement improbable et impossible dans la réalité, que jamais cela ne se produirait et resterait dans le monde de mon esprit, que mon cerveau a du mal à imaginer que ces deux choses disparaîtront et laisseront place à ce rêve de gamin. Aussi , la peur de l’anesthésie, d’y rester et la très mauvaise image des hôpitaux passe par-dessus le reste et pour l’instant, je m’inquiète plus pour ma survie de l’anesthésie et que j’en ressorte sans séquelles avant de penser à ce que m’apportera l’opération.

Les cliniques, hôpitaux et tout ce qui tourne autour sont synonymes de maladie, d’horreur, de fin de vie et surtout de mort pour moi. J’ai toujours eu cette image de l’opération en urgence, avec les électrochocs qui ne réussissent pas à maintenir le cœur et ce long biiiiiiiip déchirant qui montre la fin, juste avant le phrase de l’anesthésiste  au chirurgien : « Vous avez fait ce que vous avez pu./Vous avez fait tout votre possible./etc… »

Je n’ai jamais eu l’occasion d’accompagner quelqu’un à une opération personnelle où j’aurais pu voir et remarquer que ça peut être quelque chose de bénin. Je le verrai moi-même, SUR moi-même, dès demain.

 

Vendredi 10 juillet – 11h12

 

Quand le chirurgien avait regardé le côté gauche à la clinique, j’avais jeté un œil et j’avais plus peur et j’étais plus impressionné qu’autre chose. De voir ce genre de choses « d’hôpitaux » (points, etc…) sur mon propre corps m’a perturbé et je n’ai plus voulu regarder. Aujourd’hui, je me sentais tellement en confiance avec la nolie infirmière que j’ai quand même baissé les yeux. Premières émotions en voyant chaque côté plat comme je l’ai toujours rêvé. J’ai retenu quelques petites larmes qui sortaient toutes seules, je pense que le mardi 21 juillet à J+16, quand le chirurgien va tout enlever, je vais chialer. 🙂

 

Mardi 14 juillet – Fête Nationale et première fois que je vois tout l’ensemble sans pansements : Le rêve

 

/!\ Âmes sensibles s’abstenir – Peut être un peu impressionnant /!\

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Perso | 11.04.2015 - 17 h 24 | 0 COMMENTAIRES
Date de la Mastectomie (Mammec)

En ce jour de début avril, j’ai une bonne nouvelle : j’ai enfin eu ma date d’opération après entente préalable de la Sécurité Sociale !! Je suis content. ^^

Mais il y a de quoi raconter :

Le 11 mars 2015, j’ai reçu la réponse de la Sécu pour la demande d’entente préalable (vu le terme, vous devinerez que j’ai dû prendre Google Traduction de Administration à Français pour comprendre la lettre entière…). Ils me faisaient comprendre que cette opération ne rentre pas en compte dans leur procédure de remboursement par « entente préalable » et qu’ils n’y répondront pas. Seulement, ils ont quand même dit à mon chirurgien comment ils allaient prendre en charge l’opération.

Je sais pas vous mais moi, je vois une putain de contradiction là dedans !! Ils disent qu’ils y répondent pas mais remboursent quand même une partie. Bon.

Un peu de temps après, j’ai rappelé la secrétaire du médecin pour lui demander et elle me dit que ma Sécu avait accepté l’entente préalable et qu’elle remboursait les prix donnés sur le devis du chirurgien. O_o Je cherche pas à comprendre, ils ont dit oui au remboursement, je vais pas me plaindre… Première étape : fait. Je sais que je peux me faire opérer avant l’été. \^-^/ Seulement, je ne prends pas encore ma date d’opé tant que je n’ai pas vu la :

Deuxième étape : voir ce que la mutuelle prend en charge. Ben oui, la Sécu ne prend que 359 euros sur les 3 200 de l’opération… Normalement, la Mutuelle prend tout le reste ou presque. J’ai de l’argent sur mon livret, je peux avancer quelques sous au cas où…

Problème, ma mutuelle (que je ne citerai pas mais j’ai bien envie…) sont des nuls niveau hospitalisation : mon niveau est trop petit, je ne peux pas me faire rembourser un centime. Bon, bah on change de niveau ? Non plus ? ON NE PEUT PAS CHANGER DE NIVEAU AVANT LE 1ER JANVIER DE L’ANNÉE SUIVANTE ?!! Déplacer mon opération encore d’un an ?!! Ça va pas la tête ?! Je peux me faire opérer juste avant l’été 2015 et il faudrait que j’attende encore pour ces *$£¤#~@ qui me feront payer 50 euros par mois pour quelques malheureux remboursements ?! Mais z’allez vous faire voir !!

Ma mère me prend dans sa Mutuelle, on paye seulement 18 euros par mois pour être au niveau max ! Prout ! Je change définitivement à la fin de l’année !

Seulement, problème : c’est trop court d’ici le début de l’été pour avoir des remboursements maximums sur les… 2 840 euros du reste à payer… J’ai seulement la moitié sur mon livret…

Mais là où je m’imaginais encore repousser ma date d’opé pour chercher l’argent là où je ne le trouverais pas, un petit miracle arrive : un dimanche au tel avec mes darons (comme d’hab), mon paternel me dit que ma sœur a fini récemment de les rembourser pour sa voiture. 1 250 euros qu’ils ont de côté et qu’ils pensaient utiliser aussi pour les travaux du contour de la piscine. Ils me disent (accrochez-vous) : qu’ils me les donnent pour payer la moitié de mon opé et que je les rembourseraient après, comme a fait ma sœur pour la voiture. O_o

Résultat : si je réussis à vendre mon alto (500 euros), je pourrais payer la deuxième moitié de l’opé avec mon livret… Cool, non ? Et même que si j’y arrive pas, ils me donnent les 500 euros en plus qui manquent !

Tout ce bordel m’a pris tout le mois de mars et maintenant, je n’ai plus que le rendez-vous avec l’anesthésiste à prendre et je me ferai opérer :

le LUNDI  6 JUILLET 2015 au matin à LYON. Bye bye les boobs et le binder ! Et welcome torse <3

 

best parents ever

Perso | 22.03.2015 - 15 h 52 | 0 COMMENTAIRES
Bilan hormonal après première injection

Le 25 décembre au matin, je m’étais offert un beau cadeau de Noël : ma première injection de testostérone après avoir galéré pendant 2 ans à bouffer du Pantestone qui m’avait fait stagner dans les taux de testo qui n’arrivait pas à dépasser, même juste d’approcher le maximum féminin :

Capture du 2015-03-22 15:27:31

 

Mais ayant commencé doucement avec une demi ampoule tout les 21 jours, mon endocrino m’a demandé de faire faire une prise de sang 3 mois après la première injection, histoire de voir le taux de testo et surtout si mon corps, mon sang arrive à digérer ces changements facilement, voir si on peux passer à une demi ampoule tout les 15 jours. Voici mon taux de testostérone juste avant l’injection (prise de sang faite à 10h15 pour une injection à 11h15) :

Capture du 2015-03-22 15:32:48

On voit parfaitement le changement entre le petit truc que je prenais et les vraies injections. Devinez que je suis heureux et content de savoir que mon taux de testo a enfin dépassé le maximum féminin ET le minimum masculin. Je suis à partir de maintenant dans les clous niveau hormones pour un homme – sachant que cette valeur est d’avant une injection, donc au plus bas, j’imagine pas alors à combien elle est après une injec – même si je n’ai pas d’infos cette fois-ci pour ce qui est des œstrogènes mais déjà avant les injections, ils étaient en baisse. J’imagine qu’ils ont dû descendre proportionnellement à cette montée ci-dessus.

Capture du 2015-03-22 15:20:05

 

Je ferais un prochain bilan des changements physiques observés quand j’aurai fait ma mastectomie (environ 6 mois et demi sous THS injec).

Perso | 22.02.2015 - 14 h 27 | 0 COMMENTAIRES
Rencontre avec le chirurgien Mastectomie (Mammec)

Jeudi 19 février 2014 : Après avoir entendu et vu des bonnes choses sur ce chirurgien, j’ai enfin une première rencontre avec lui pour parler de la mastectomie future (ou mammectomie, c’est la même chose).

La veille, je prépare toutes les questions que je veux lui poser sur l’opération ou d’autres choses qui l’entoure. J’ai rendez-vous à 15h avec lui à Lyon.

Le jeudi au matin, je manque de louper mon train parce que j’ai eu une absence dans le tram et je suis descendu plus loin de la gare.

Limite, j’achète mon billet dans le train mais mon abonnement ne marche pas dans les achats à bord. Le contrôleur me fait une réduc pour m’arranger mais je paye plus cher quand même… La journée commence bien… Mais je m’en fiche, je suis content.

Mon attestation de l’équipe de Lyon et mes questions en main, j’arrive en avance. Anecdote : quand la secrétaire m’a demandé si j’avais un mot de mon médecin ou autre et que je lui ai tendu l’attestation signée des 3 médecins, elle a eu comme une sorte de jubilation en voyant un papier aussi « propre », avec les signatures qu’il faut, etc.… Ils doivent adorer les papiers bien officiels ^^

Bon, la secrétaire qui m’avait parlé au féminin quand j’avais pris le rendez-vous m’a parlé correctement au masculin ce jour-là. Très bien.

J’attends dans la salle d’attente. Il avait du retard car à 15h, il a pris une femme qui est arrivée APRÈS moi avec ses poulettes de copines qui devait venir pour de la chirurgie esthétique : ça gloussait en parlant de poitrine à refaire.

Bref, première image en un mot : su-per. Il est très sympa, t’accueille chaleureusement avec le plus grand des sourires et te parle dans la plus grande simplicité, on voit qu’il sait se remettre en cause. Donc, le Dc B. me parle un peu de tout, technique, hospitalisation, etc.… Il m’ausculte et me dit quelque chose de plaisant : avec ma poitrine de petite taille (elle avait passé de B à A avec mes deux ans de Pantestone), juste une péri-auréolaire suffit, la technique la plus discrète niveau cicatrices. Mais que par contre, ma peau est assez molle de consistance et qu’il faudra muscler un peu tout ça avant et après l’opération pour donner un résultat très esthétique. Même si juste après, il touche mes pecs et me félicite d’en avoir des un peu musclés déjà. Je lui ai dit que c’était les pompes ^^

Il ne pense pas qu’il faudra reprendre après l’opération car il a soutenu deux fois dans le rendez-vous que la péri-auréolaire donnera un beau résultat sur moi.

Ensuite, il me prend en photo et me montre toutes celles – qu’il utilise en exemple – des opérations qu’il a déjà faites, avant/après avec les plus réussies et celles qui lui ont donné un peu plus de fil à retordre (par exemple, le gars qui lui a demandé des dimensions personnelles pour le placements des auréoles ou celui qui a eu un problème de liquide qui est apparu autour des auréoles qu’il a dû reprendre)

Alors que ce soit en une opération ou après des reprises, les péri-auréolaires ou les doubles incisions, tout donne à la fin (après environ 1 an au max et un peu de muscu) un magnifique résultat. Il m’a montré les erreurs qu’il a faites, qu’il fait en sorte de ne plus refaire, en bref : un mec qui donne confiance.

Détail pour sa double incision : il fait en sorte que la cicatrice horizontale soit au niveau de la pliure basse du pectoral, ce qui fait que de loin, on ne voit pas qu’il y a une cicatrice. C’est très discret.

À la fin, il m’explique plus spécifiquement comment se passe les remboursements.

Je suis dans l’équipe depuis octobre 2013. Dans la logique des choses, je dois attendre 2 ans pour être remboursé à 100 %. Seulement, il m’a dit franchement qu’ils ne sont pas à 2/3 mois près et que si la Sécu accepte bien avant, je peux me faire opérer avant les vacances d’été par exemple. Ce qui m’arrangerait, je n’ai pas envie de passer encore un été à crever sous mon Binder.

Il faisait beau à Lyon ce jour-là et je suis sorti avec le plus grand des sourires aux lèvres. Plus rien dans la journée qui a suivie n’a réussi à me bousiller mon moral et pourtant, il s’en est passé des trucs pas super super.

J’ai donc envoyé rapidement la demande de remboursements, il n’y a plus qu’à attendre. \(^-^)/

 

Capture du 2015-02-22 14:24:10

Explications en détail des différentes techniques : http://ftm-transsexuel.info/medical/chirurgie/mammectomie.html

Perso | 30.12.2014 - 11 h 47 | 1 COMMENTAIRES
Première Injection

Le 25 décembre au matin, j’ai fait ma première injection de testo. Je vous raconte les événements et les ressentis :

Jusque là, j’ai réussi à tenir pour ne pas me la faire avant le matin de Noël. Assez facile car pour moi, c’était tellement quelque chose d’important que je stressais de le faire. Mais le matin du 25, après ouverture des cadeaux sous le Sapin où j’ai reçu un kit de relaxation par ma sœur Caroline, des DVD de Diable d’Homme et Le Charlatan de Robert Lamoureux, ainsi que premier rasoir Wilkinson et premier After-Shave de marque Scorpio (je rêvais de l’avoir celui-là ^^) par mes parents MAIS SURTOUT mes injections que je m’étais mis dans une boîte, paquetée de papier cadeau et mise sous le sapin, devant mes chaussures, par symbole ; à ce moment-là seulement, j’ai stressé à mort.

J’ai préparé mes affaires, coton, piquouse, alcool à 90°, ampoule, le tuto de mon forum FtM sous la tronche, etc…

Hop ! Je descends dans l’escalier : « Qui m’aime me suive ! – Tu y vas ? – Ouaip, j’y vais parce que là, je tiens plus. »

Je remonte et commence à faire tout dans l’ordre, bien propre : laver les mains, ouvrir le truc de la seringue, casser l’ampoule, etc…

Et là, première merde : j’arrive pas à récupérer le produit dans l’ampoule avec la seringue. Ça veut pas monter. Et chiotte.

Damia arrive et voit que je patine. Après quelques essais un peu zarbs (on penche l’ampoule, on essaye avec ou sans l’aiguille, elle tient l’ampoule pendant que j’essaye), rien à faire. Ma sœur qui nous a rejoins là me donne alors l’idée de demander à mon père de le faire, ayant travaillé dans un hôpital dans sa jeunesse en tant qu’infirmier. Donc il sait comment ça marche. Il monte et me récupère le produit niquel.

En fait, fallait juste franchement pencher l’ampoule 😛 Il me prépare la seringue en enlevant l’air au maxi, etc… tout comme il faut. Il me donne la seringue prête à l’emploi. Y avait plus qu’à.

 

Et voilà le moment ultime. Après avoir dénudé ma fesse devant les deux filles, qui étaient les deux témoins de ma first piquouze, je tiens ma seringue devant ma fesse pendant facile 5 mins, à me pas oser m’enfoncer l’aiguille dans la chair (dans mon cas, c’est plutôt le gras). Je souffle, inspire, respire tranquillement. À ce moment, c’est comme quand tu rentre sur scène et que tu dois y aller : le stress part mais tu n’as pas encore fait le plus dur.

C’est là que ma sœur s’est mise à plus stresser que moi. Se piquer soi-même, c’est pas rien !

J’ai attendu, attendu.

À un moment, j’ai pris le taureau par les cornes (Muriel Robin ?) et j’y suis allé. Paf !

 

Ah non, en fait ça fait pas du tout mal. Comme c’est du gras, le fait d’y aller franco donne juste l’impression de rentrer dans du beurre. Ça fait tellement pas mal que pendant une seconde, j’ai cru avoir perdu mes nerfs.

Je vérifie que je suis pas dans une veine, ok c’est bon et je pousse le piston. Doucement, tranquillement. Pour ne pas faire de gestes brusques dû au stress antérieur, je souffle comme un phoque tout le long.

Produit injecté, je retire l’aiguille que je jette direct et masse mon gras. Il est 11h25.

 

Réactions : content. J’ai pas de mots pour définir ce que j’ai senti. Je me suis rendu compte directement après que j’avais enfin fait ma première injection que je rêvais d’avoir. Simplement heureux.

Ma sœur qui avait stressé aussi m’a fait un câlin pour avoir réussi à faire ça comme un grand. Et Damia aussi, après. Ah ? Il y a une sacrée différence de taille, là j’ai le nez dans les seins 😛

Petit pansement et voilà, fini. Nous redescendons, pour aider mes parents à finir de faire les toasts pour midi. J’en profite pour détruire la dernière boîte de Pantestone que j’avais gardé propre sans l’abîmer jusqu’à ce jour, symboliquement aussi.

 

 

Donc voilà, aujourd’hui je suis enfin officiellement sous injections de testo, je ne prends plus ni la merde de Pantestone qui me bousillait le foie, ni la pilule que je prenais à côté pour stopper les règles mais comme dit Caroline, c’est des œstrogènes donc ça freinait plus les effets de la testo qu’autre chose. Dans 3 mois, je fais faire une prise de sang pour voir si je tiens la route et si on peut monter direct à une demi-ampoule tout les 15 jours au lieu de tout les 21 jours.

2014-12-25 19.26.13

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